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La
dichotomie de Berlin se prolonge au début du siècle, avec
la constitution de deux centres villes distincts : d'une part le vieux
centre autour des Linden et de la
Friedrichstrasse, d'autre part
le pôle du Ku'Damm (Kurfürstendamm)
qui s'affiche avec ses cafés à la mode fréquentés
des artistes. Alfred
Messel (1853-1909) et Peter Behrens
(1868-1940) développent une architecture fonctionnelle et moderne
qui annonce le Bauhaus. Les halles de machines de la société
AEG en sont les témoignages les plus révélateurs. Au lendemain de la première guerre mondiale, Berlin s'étend à l'Ouest en direction de Spandau. Hans Poeltzig construit au terme de l'axe Est-Ouest la Maison de la Radio en 1929.
Le
groupement intercommunal du "Grand Berlin", bien qu'initié
en 1912 se concrètise en 1920, avec l'intégration des
communes de Köpenick,
Charlottenburg, Spandau,
Neukölln, Lichtenberg, Wilmersdorf
et Schöneberg. Berlin compte
désormais 3.8 millions d'habitants, répartis sur les 20
districts couvrant 880 km2. L'architecture expressionniste s'exprime le plus souvent à Berlin par des édifices en briques, inspirés de l'art du Proche-Orient. Elle affiche des zigzags, des lignes brisées, de longues courbures, dans des bâtiments aussi variés que les usines, théâtres et églises.
Au lendemain de la crise économique et de la grande inflation,
Berlin adopte une architecture inspirée des Etats-Unis. On voit
apparaître les premières tours d'Europe, à l'image
de celles de la société Borsig. Dans le courant des années 20, un autre courant architectural voit le jour : la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit). Les architectes font passer le détail au second plan et préfèrent l'abstraction des formes, qui sont planes et nettes.
Cette configuration abstraite des constructions se retrouve en particulier
dans L'Onkel Toms Hütte à Zehlendorf ou à la Weisse
Stadt de Reinickendorf.
Le
Bauhaus vise à intégrer l'ensemble des disciplines conduisant
à la construction du bâtiment. De cette étroite
collaboration entre les ingénieurs, les architectes et les artisans
naît le design moderne. Il s'agit de créer des objets destinés
à être manufacturés à grande échelle
tout en alliant une fonction double : esthétique et fonctionnelle. Sous
leur impulsion, l'architecture berlinoise s'oriente vers un modèle
clair et abstrait. "Germania" ou le délire architectural du IIIe Reich Hitler
n'aime pas Berlin, il souhaite lui donner une physionomie digne de ses
ambitions politiques. La vitrine du régime passe d'abord par
une démolition systèmatique des bâtiments qui puissent
entraver les projets de l'architecte Albert Speer. Les seules réalisations encore visibles de cette époque sont les installations olympiques des jeux d'été de 1936 de Werner March, l'aéroport de Tempelhof par Ernst Sagebiel, le complexe administratif de la Fehrbelliner Platz, les casernes de l'ancien Quartier Napoléon (occupé après 1945 par les Forces Françaises stationnées en Allemagne) et l'ancien ministère de l'Air (Reichsluftfahrtministerium). |
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