Musée
des Arts décoratifs - Kunstgewerbemuseum
Aménagé
entre 1978 et 1985, le complexe réalisé par l'architecte
Rolf Gutbrod accueille le plus riche musée des Arts décoratifs
d'Allemagne. Ses collections couvrent des uvres de l'Europe
entière, et ce depuis le Moyen Age.

Histoire
de la collection
Le
Musée des Arts décoratifs de Berlin fut fondé
en 1867 grâce à une initiative privée, en réaction
à la révolution industrielle du début du XIXe
siècle. Il était alors question d'établir
des références pour les arts décoratifs modernes
à partir des collections d'art et d'artisanat de toutes les
civilisation, et d'éduquer le goût.
En 1874, le musée put faire l'acquisition du Trésor
du Conseil de la ville de Lüneburg.
L'année suivante, le musée bénéficia d'un
don de milliers uvres de l'ancien Cabinet des curiosités
royal prussien. En 1881, le Musée des Arts décoratifs
fut installé dans un magnifique bâtiment néo renaissance,
le Martin Gropius Bau.
En 1885, le Musée des Arts décoratifs fut rattaché
aux Musées royaux prussiens.
Lorsqu'il fut aménagé en 1921 dans le château
de Berlin, ses collections furent réunies à l'inventaire
historique qui s'y trouvait déjà.
En 1936, le riche trésor de la cathédrale de Braunschweig,
comportant des donations des ducs guelfes, regagna les fonds du musée.
Après 1945, les collections se trouvèrent éparpillées
entre les secteurs occidentaux et orientaux. Une partie des fonds
put être exposée à partir de 1963 dans l'aile
Knobelsdorff du château de Charlottenburg.
L'autre partie de la
collection est exposée depuis cette date au château
de Köpenick à Berlin Est. Depuis le 12 mai 1985, le
visiteur peut admirer ces oeuvres dans la nouvelle construction du
musée, située dans le Kulturforum, aménagé
en bordure du Tiergarten.
La
collection d'orfèvrerie médiévale
Plus
belle pièce de la collection, le Trésor des Guelfes
est un reliquaire provenant de la cathédrale de Brunswick,
lieu de sépulture du Duc des Guelfes. Renfermant plus de 40
objets, il est le plus grand trésor d'église qui soit
conservé dans un musée d'Allemagne. Parmi les pièces
d'orfèvrerie du XIe au XVe siècle figure la fameuse
Croix des Guelfes en or.
Autre pièce de choix, le reliquaire en forme de bourse appartenant
à l'ancien Trésor de Saint Denis à Enger/Herford.
Il s'agit d'un travail du VIIIe siècle qu'on suppose être
un cadeau de baptême de l'empereur Charlemagne au duc de Saxe
Widukind.
Parmi les autres chefs d'oeuvre, citons en particulier la croix
du Trésor de la cathédrale de Bâle qui serait
un don de l'empereur Henri II (972-1024), la coupe de baptême
de l'empereur Frédéric Barberousse, ainsi que le
médaillon en émail, figurant l'Operatio, qui
est le seul vestige du retable médiéval de l'abbaye
de Stavelot.
La
collection de majoliques italiennes
La
seconde salle présente la décoration des palais des
princes italiens humanistes de la fin du XVe siècle : verres
vénitiens, émaux limousins, bronzes de Padoue.
Les majoliques dorées ou brillantes multicolores proviennent
de Faenza, Gubbio et Urbino. Elles présentent des portraits
de femmes ou des miniatures d'après Raphaël.
La
salle des gobelins
Faisant
la transition avec les uvres de la Renaissance italienne, la
remarquable série de tapisseries bruxelloises relate
les Triomphes de Pétrarque.
Le Trésor de la ville de Lüneburg se compose de
35 pièces en vermeil et d'argenterie. Il constitue le plus
important trésor d'argent bourgeois qui subsiste en Allemagne.
Il illustre à merveille la richesse et la puissance des villes
libres d'empire à l'époque de la Renaissance.
Il convient également de remarquer les hanaps et autres récipients
finement décorés par les orfèvres de Nuremberg
et d'Augsburg : la coupe de l'empereur de Wenzel Jamnitzer,
la coupe de l'univers de Jonas Silber, le coffret de Hans Straub
et la fontaine en forme d'éléphants de Christoph Jamnitzer.
Les
cabinets d'art princier de l'époque baroque
Le
Pommersche Kunstschrank, réalisé par les artisans
d'Augsburg vers 1715, est un cabinet d'art miniature. Le coffre en
ébène a disparu dans les bombardements de la seconde
guerre mondiale, mais le contenu a pu être sauvé. Il
occupe quatre grandes vitrines avec en particulier des ustensiles
et des outils, pour la plupart en or et en argent.
Sont également exposées des collections de céramiques
allemandes, d'argenterie, de verres taillés et de meubles baroques.
Les faïences assurent la transition avec l'importante collection
de porcelaines allemandes du XVIIIe siècle : les pièces
de la manufacture de Meissen, avec les premiers travaux de Böttger,
des motifs de Höroldt, et des figures de Kändler.
On trouvera également des travaux en nacre, ambre, et ivoire
qui proviennent du cabinet de curiosités royal prussien.
Le fonds de chinoiseries du XVIIIe siècle est très varié
: laques, tapisseries, meubles et porcelaines qui reflètent
le goût des amateurs d'art de l'époque pour les arts
d'Extrême-Orient.
Néo-classicisme
et Biedermeier
Des
cabinets constitués de mobilier, pièces d'argenterie,
porcelaines et de verres illustrent les réalisations du néo-classicisme
ainsi que le goût bourgeois de l'époque Biedemeier.
Les Fers de Berlin, de fins moulages d'art, étaient
réalisés dans les manufactures de Gleiwitz et Berlin.
Collections
de l'Art Nouveau et design
La
collection Art nouveau est notamment représentée par
un ensemble de bijoux, verres et céramiques acquis à
l'occasion de l'Exposition universelle de Paris en 1900.
Les dernières salles du musée sont consacrées
au design du XXe siècle : réalisations de la Werkstättenbewegung
(1900), objets fonctionnels provenant du Bauhaus
de Weimar et Dessau (1920), du groupe Memphis de Milan (1980),
et des grands designers américains et scandinaves de l'après-guerre.
Ces fonds font continuellement l'objet de nouvelles acquisitions.
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