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Large de 53 mètres et longue de 3,5 kilomètres, le Kurfürstendamm est l'artère la plus connue de Berlin Ouest. Littéralement "l'allée des Princes Electeurs", le Kurfürstendamm fut initialement une route aménégée par le margrave Joachim II en vue de relier le château de Cölln à son pavillon de chasse de Grunewald.
A
l'initiative de Bismarck, le Kurfürstendamm
prit une physionomie urbaine à partir de 1886, et ce dans l'optique
de rivaliser avec le Paris haussmannien.
En
sortant de la jolie station de métro Wittenbergplatz, réalisée
par Alfred Grenander en 1911, l'on aperçoit l'immeuble du Kaufhaus
des Westens érigé en 1906 par Johann Emil Schaudt.
Il s'agit du plus important grand magasin d'Europe, après Harrodds
à Londres. A l'approche de la Breitscheidplatz, l'Europa Center, couronné par l'étoile de Mercedes, domine la City de Berlin Ouest de ses 90 mètres.
Achevé
en 1965, il constitue un centre commercial et d'affaires avec un hôtel
de luxe, près d'une centaine de magasins, des cinémas,
des bars, des cafés et de nombreux restaurants. A noter au rez-de-chaussée,
l'"horloge du temps qui coule" (Uhr der fliessender Zeit)
réalisée par le français Gitton en 1982, que les
berlinois surnomment le distributeur de jus de fruit, en raison du liquide
fluorescent qui s'écoule.
L'église du souvenir, la Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche, est l'un des symboles les plus connus de Berlin. Achevée en 1895, l'église consacrée à l'empereur Guillaume Ier et à la victoire de Sedan fut ravagée en 1943 par les bombardements alliés. Les édiles décidèrent à la suite d'un débat envenimé et d'un concours d'architecture de ne pas restaurer l'église, mais de conserver la ruine du clocher et de lui adjoindre un campanile moderne. L'architecte Egon Eiermann remporta le concours et put livrer en 1961 l'audacieux ensemble architectural qui témoigne des destructions de la seconde guerre mondiale. Surnommée la "dent creuse", la Kaiser Wilhelm Gedächtniskirche est également appelée le "bâton de rouge et le poudrier", depuis l'adjonction des éléments modernes d'Egon Eiermann.
Même si les derniers combats de rue d'avril 1945 ont anéanti de nombreux immeubles bourgeois des Gründerjahre, le Kurfürstendamm compte encore de beaux immeubles de style wilhelmien aux numéros 14, 15, 29, 37, 40, 48, 50, 52, 59, 60, 188, 190, 192, 201, 213, 216 et 218. En descendant le Kurfürstendamm, deux nouveaux édifices flambants neufs se dressent aux coins de la Joachimsthaler Strasse.
Il s'agit du Ku'damm Eck, un complexe hôtelier et commercial - renouant avec le Berlin des années 1920 - réalisé par gmp von Gerkan Marg & Partner, et du Neues Kranzler Eck, dessiné par l'architecte germano américain Helmut Jahn.
En empruntant la Fasanenstrasse, le promeneur découvre une atmosphère sereine, qui tranche avec la frénésie du Kurfürstendamm. Cette belle rue, constituée de villas et de maisons particulières, accueille de nombreuses boutiques de luxe et galeries d'art. La Villa Grisebach, au n° 25, mérite le coup d'oeil. Au n°24, le Käthe Kollwitz Museum est consacré à l'oeuvre de cette artiste engagée, qui s'était battue contre la misère de la classe ouvrière de l'entre-deux-guerres. Au n° 23, la Literaturhaus est une villa bourgeoise Gründerzeit qui se compose d'une librairie et d'un espace dédié aux expositions temporaires. A l'intersection de la Fasanenstrasse et de la Kantstrasse, se dresse le Theater des Westens, à l'architecture wilhelmienne. Conçu à l'origine pour accueillir les spectacles d'opérettes, le Theater des Westens est à présent une scène de music-hall.
Au carrefour de la Kantstrasse et de la Fasanenstrasse, se dresse l'un des immeubles les plus insolites de Berlin : le Kantdreieck. L'architecte Josef Paul Kleihues a imaginé une tour de onze étages, coiffée par une girouette qui comporte un accumulateur de chaleur s'orientant suivant la trajectoire du soleil. L'édifice est consituté d'une aile de cinq étages, toute de verre et d'ardoise, qui lui confère un aspect résolument moderne.
De la Kantstrasse, il est possible de poursuivre la promenade vers le quartier universitaire et l'avenue du 17 juin ou le quartier fort agréable de la Savignyplatz. Les rues ombragées, qui partent en étoile de la Savignyplatz, comptent de beaux immeubles bourgeois Gründerzeit. Ce quartier est riche en librairies, bars et restaurants, avec en toile de fond les arcades rénovées et aménagées de la S-Bahn. |
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