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Longue de 4,5 kilomètres, la Wilhelmstrasse s'étire du nord au sud, en reliant la Spree au niveau du Reichstagsufer et le Landwehrkanal. De 1875 à 1945, le coeur politique du Reich battait son pouls le long de la Wilhelmstrasse. Les derniers combats d'avril 1945 se tinrent aux abords de la Wilhelmstrasse, en raison de la présence de la Chancellerie d'Hitler et des principaux organes du pouvoir nazi. La RDA débaptisa la Wilhelmstrasse en Otto-Grotewohl Strasse, du nom de son premier ministre. Depuis la chute du mur de Berlin, la Wilhelmstrasse a retrouvé son nom et renoué avec sa tradition politique, marquée par le retour d'importantes institutions fédérales. Depuis la Marshallbrücke on peut se rendre compte de l'étendue du complexe parlementaire, le Jakob Kaiser Haus, qui réunit les services administratifs et les bureaux des parlementaires. Réalisation contemporaine, le Jakob Kaiser Haus présente l'originalité d'intègrer des édifices historiques tels que l'Haus Sommer de Friedrich Adler (1857), le Vereinshaus der Deutschen Ingenieuren (1914) et le Reichstagspräsidentenpalais (1904). Bâti dans le style de la reconstruction critique, le bloc se divise en huit parcelles. Le traitement particulier de la façade de chacun des immeubles a permis de rompre la monotonie des volumes, sans pour autant nuire à l'harmonie de l'ensemble. Traversé par la Dortheenstrasse, chaque édifice du Jakob Kaiser Haus est relié par un tunnel, permettant égalment aux parlementaires d'accéder directement au Reichstag.
Après avoir laissé derrière soi le Jakob Kaiser
Haus, on poursuit la promenade en empruntant la Wilhelmstrasse en direction
du sud. Arrivé au carrefour de l'avenue Unter
den Linden, on peut voir sur sa droite la Pariser
Platz, dominée par la Porte
de Brandebourg. Du carrefour l'on aperçoit l'Union Jack qui
jaillit d'un immeuble post moderne. Il s'agit de la nouvelle ambassade
du Royaume-Uni, réalisée par l'architecte
britannique Michael Wilford et inaugurée par la reine Elizabeth
II en 2000. A l'angle de la Wilhelmstrasse et de la Behrenstrasse, l'ehemaliges Preussisches Kultusministerium est l'un des rares édifices d'avant 1945 à avoir surmonté sans trop de dommages des derniers combats de rue de la seconde guerre mondiale. Achevé en 1904, l'architecte Kieschke lui a donné la physionomie d'un palais florentin. A l'époque, il s'agissait déjà d'une seconde extension au palais construit en 1849. Sous la RDA, le ministère de l'éducation populaire y prit ses quartiers. Après la réunification et le déménagement du Bundestag à Berlin, les bureaux des députés furent aménagés dans cet immeuble, au terme d'importants travaux de réhabilitation.
La portion de la Wilhemstrasse, située entre la Behrenstrasse
et la Vossstrasse, est marquée par la présence des ministères
fédéraux de l'Agriculture et du Travail. Le Bundesministerium
für Landwirtschaft occupe à présent l'ancien
siège du Cabinet impérial,"Geheime Zivilkabinett
seiner Majestät des Kaisers und Königs", institution
qui se trouvait auparavant à la Dönhoffplatz.
Toujours dans le prolongement de la Wilhelmstrasse, le ministère fédéral du Travail occupe les locaux de l'ancien ministère de la Propagande, Reichsministerium für Volksaufklärung und Propaganda, où officiait Joseph Goebbels. Construit entre 1937 et 1940 d'après les plans de Karl Reichle, le bâtiment est une extension d'un palais dessiné par Karl Friedrich Schinkel. Même si la plastique de la façade est caractéristique du IIIe Reich, on y discerne des réminiscence du néo-clacissisme. La gravité des dommages subis lors de la seconde guerre mondiale obligea les autorités de RDA à raser les ruines du palais de Schinkel. Du complexe ne subsiste plus que l'édifice construit sous le régime nazi. Entre 1998 et 1999, ce dernier fit l'objet d'importants réaménagements sous la conduite de l'architecte Josef Paul Kleihues en vue d'accueillir le Bundesministerium für Arbeit.
A l'intersection de la Wilhelmstrasse et de la Leipzigerstrasse se dresse un bloc d'immeuble grisâtre et solitaire. La façade anonyme de l'ancien grand magasin Wertheim, construit en 1906, a abrité pendant quatorze ans l'un des clubs techno mytiques de Berlin, le Tresor Globus. Outre le talent des DJ's, le décorum du club avec son ancienne salle des coffres était l'une des principales attractions. La Bauwert Development Delta GmbH & Co. va à présent construire un complexe de bureaux pour le compte de la compagnie d'assurances Volksfürsorge.
En face, le bâtiment démesuré de l'ancien ministère
de l'Air, Reichsluftfahrtministerium, où siégeait
Hermann Goering, est l'oeuvre de l'architecte Ernst Sagebiel. Construit
entre 1934 et 1936, le Reichsluftfahrtministerium constitue
avec le Stade olympique, l'aéroport
de Tempelhof et la Neue Reichskanzlei l'une des principales réalisations
architecturales du IIIe Reich. L'ancien ministère de la guerre
de Prusse dut céder sa place à la construction du gigantesque
complexe ministériel. Conçu pour résister à
des attaques aériennes, sa structure en acier et béton
armé lui permit de traverser sans trop de dommages la seconde
guerre mondiale.
Après avoir longé le Reichsluftfahrtministerium, l'on quitte la Wilhelmstrasse en empruntant sur sa droite la Niederkirchnerstrasse, où un pan de l'ancien mur de berlin est conservé. Non loin d'ici se dressait le Prinz Albrecht Palais, siège de la direction générale des SS et de la Gestapo, aujourd'hui disparu. Les célébrations du 750e anniversaire de Berlin donnèrent le coup d'envoi pour la redécouverte de ce lieu au lourd passé historique. Les fouilles permirent de dégager les cellules souterraines de la Gestapo, où étaint incarcérés les opposants au régime du IIIe Reich. L'exposition permanente "Topographie des Terrors" retrace la mise en place et le fonctionnement de l'appareil répressif nazi, les persécutions subies par les citoyens juifs et la traque des résistants. Installé depuis plus de dix ans dans des locaux provisoires, l'association en charge de l'exposition attend toujours son transfert dans un bâtiment en dur, dessiné par l'architecte suisse Peter Zumthor. En remontant la Niderkirchnerstrasse on aperçoit deux édifices du XIXe siècle, autrefois séparés par le mur de Berlin. Sur la droite, il s'agit de l'ancienne Chambre basse du parlement de Prusse. Sur la gauche, le bâtiment cubique du Martin Gropius Bau, qui abritait jusqu'en 1945 le musée des Arts décoratifs. Le parlement du Land de Berlin siège depuis 1993 dans l'ancienne chambre basse de la diète de Prusse. La révolution de mars 1848 obligea le roi de Prusse à adopter une nouvelle constitution instituant un Parlement de Prusse. Le régime bicaméral comprenait une Chambre haute, l'Herrenhaus, et une Chambre basse, l'Abgeordenetenhaus. Jusqu'en 1899, les chambres siégèrent dans des locaux provisoires. Friedrich Schulze réalisa pour l'Abgeordenetenhaus un édifice de style néo-Renaissance, avec un bossage florentin pour l'étage inférieur et une clonnade pour l'étage supérieur. L'absence de fronton symbolise la sujétion de la Chambre basse par rapport à à l'Herrenhaus.
Achevé en 1881, l'élégant édifice néo-Renaissance de Martin Gropius, fut gravement endommagé lors de la seconde guerre mondiale. Il dut son salut grâce à l'intervention énergique du petit neveu de l'architecte, Walter Gropius, le fondateur de l'école du Bauhaus. La ruine fut consolidée en 1966 et les travaux de restauration ne commencèrent qu'en 1977. Le bâtiment put ouvrir ses portes en 1981 et sert depuis comme hall d'exposition.
Au carrefour de la Niederkirchner et de la Stresemannstrasse, on peut rejoindre le nouveau quartier de la Potsdamer Platz ou encore poursuivre sa promenade vers le Sud Est en gagnant les rives du Landwehrkanal. |
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