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1648 - 1815 : L'essor de la Prusse

Le Traité de Westphalie entérine les conquêtes du Brandebourg : la Poméranie et quelques évêchés. Frédéric Guillaume, s'attache alors à reconstruire son Electorat, et à le transformer en un puissant Etat centralisé.
Pour ce faire, il fait appel à de nombreux étrangers - artisans et commerçants hollandais, juifs et calvinistes français - et lance un vaste plan de redressement économique : établissement de barrières douanières, aménagement d'un réseau de canaux, création de manufactures, etc.

Statue équestre du Grand Electeur au Château de Charlottenbourg

La reconstruction

1650-1683 : L'avenue Unter den Linden est tracée et traverse le quartier de Dorotheenstadt. Place forte, Berlin s'entoure de nouveaux remparts qui englobent l'île marécageuse de Werder. Asséchée, un nouveau quartier y sera établi : Friedrichswerder.

28 juin 1675 : Victoire de Fehrbellin lors de laquelle les Suédois furent défaits. Frédéric Guillaume est alors surnommé le "Grand Electeur". Le Brandebourg compte à présent parmi les grandes puissances de l'Europe septentrionale.

1685 : L'Edit de Nantes est révoqué par Louis XIV. Les huguenots arrivent en nombre en Brandebourg et contribuent à l'essor démographique. Il en découle la création d'une ville nouvelle : Friedrichstadt.

Un nouveau royaume

1701 : Frédéric III soutient l'Empereur Léopold I lors de la guerre de Succession d'Espagne et obtient en échange que le duché de Prusse soit érigé en Royaume. Frédéric I, roi en Prusse, est couronné le 18 janvier.

Début du XVIIIe S : Les communes de Berlin, Cölln, Friedrichswerder, Dorotheenstadt et Friedrichstadt fusionnent.

1713 : Frédéric I décède, lègant des dettes estimées à près de 20 millions de thalers.

Frédéric Guillaume I

1713 - 1740 : Frédéric Guillaume I s'emploie à redresser les finances de son royaume. Le train de vie de la Cour et du roi est sacrifié sur l'autel de l'équilibre budgétaire. Les mesures prises sont d'ordre protectionnistes, et mettent en brèche les monopoles et les corporatismes. La rigueur presque caricaturale du souverain lui valut le surnom de "Roi Sergent". Enfin, la diversification de l'économie est assurée par l'arrivée de nouveaux émigrés : les protestants de Bohême fournissant une main d'oeuvre qualifiée aux manufactures textiles.

Sous son règne, l'armée devient un puissant instrument d'Etat. Les effectifs sont portés à 81 000 hommes. Les officiers sont formés à l'école des Cadets, fondée en 1717. Néanmoins, les militaires du rang ne sont en activité que 3 mois à l'année, et viennent grossir le reste du temps le nombre des journaliers, des cochers voire même des mendiants.

Le Vieux Fritz : Frédéric II

1740 - 1748 : Fin stratège, Frédéric II, utilise à bon escient le potentiel militaire mis en place par son père pour défaire la suprématie autrichienne en Allemagne. Il sort victorieux de deux guerres et s' empare de la plus riche province des Habsbourg : la Silésie. Ces faits d'arme, parfois hasardeux, lui valent le surnom de "Frédéric Le Grand".

Statue équestre de Frédéric II sur l'avenue Unter den Linden

1748 - 1756 : Frédéric II est un despote éclairé. Il place la relation de l'individu à l'Etat sous le signe de la raison. Il entreprend des réformes ambitieuses : suppression de la corvée, abolition de la torture, codification du droit prussien et simplification de l'appareil judiciaire. Auteur d'un Essai intitulé "l'Anti-Machiavel", il affirme que le Prince est "le premier serviteur de l'Etat", mais "ne doit consulter que son avis". Frédéric II attire à sa cour de beaux esprits français, dont Voltaire, qui se font l'avocat d'un régime néanmoins absolutiste.

1756 - 1763 : La France, la Saxe et l'Autriche décident de contrer le rayonnement de la Prusse, qui trouve un allié inattendu : l'Angleterre. La Guerre de Sept ans éclate lorsque Frédéric et ses troupes envahissent la Saxe. Il défait les troupes de Louis XV à Rossbach, mais subit une lourde défaite à Künersdorf.
1760 : Berlin est occupé par les troupes de la tsarine Elisabeth Petrovna. La mort subite du souverain russe sauvera Frédéric II. En effet, le fils d'Elisabeth voue une profonde admiration pour le monarque prussien. La paix est signée à Hubertusburg : la Prusse sort fragilisée sur le plan économique, mais voit ses droits sur la Silésie reconnus.

1765 : Frédéric passe ses derniers jours à Sans Souci, vêtu de son uniforme militaire. Il est alors surnommé le "Vieux Fritz" par ses sujets.
De nouvelles réformes contribuent à moderniser l'appareil d'Etat prussien : fondation de la banque royale. Berlin commence à s'industrialiser : 6000 ouvriers travaillent dans les manufactures textiles.

1772 : Frédéric II prend l'initiative de proposer à ses puissants voisins, la Russie et l'Autriche, de se partager le royaume de Pologne en pleine crise. De ce fait, le royaume de Prusse s'étend vers l'Est.

1775 - 1786 : La situation sociale se dégrade, et l'on voit se constituer un nouveau prolétariat urbain. La "maison des pauvres" est fondée en 1774 à Berlin.

Déclin et Renaissance

1786 - 1792 : Le neveu et successeur de Frédéric II, Frédéric Guillaume II, met à mal le glorieux héritage de son oncle. En dépit des réformes juridiques et fiscales entreprises par Frédéric II, la société prussienne traverse une importante crise sociale, engendrée en grande partie par l'explosion démographique du royaume. La population de la capitale double en l'espace de 50 ans.
Dans le domaine culturel, l'on voit naître un renouveau : le romantisme fait son apparition. Frédéric Guillaume II, ami des Arts, est un fervent défenseur du théâtre en langue allemande.

1792 : La Prusse affronte la France révolutionnaire et essuie une sévère défaite à Valmy.

1797 : Frédéric Guillaume III accède au trône. Berlin connait un développement industriel important sous l'impulsion des manufactures d'Etat : Königlisches Lagerhaus, La Manufacture Royale de Porcelaine (KPM) et la Fonderie Royale.
Les conditions de vie des travailleurs ont particulièrement dures à Berlin. Un ouvrier consacre en moyenne 3/4 de ses revenus à acheter du pain.

1805 : Visite du Tsar Alexandre I à Berlin qui donne son nom à l'Alexanderplatz.

Jusqu'en 1805 la Prusse entretient une neutralité bienveillante à l'égard de la France napoléonienne. Après avoir rejoint la coalition anti-napoléonienne, la Prusse est défaite à Iena et Auerstedt : Napoléon fait son entrée triomphale à Berlin le 27 octobre 1806. L'occupation française dure près de 3 ans et laisse derrière elle de puissants ressentiments : le Quadrige de la Porte de Brandebourg est saisi, de lourdes contributions accablent les Berlinois.
Sous l'autorité française, le servage est définitivement aboli et marque le début d'un vaste exode rural.

1809 - 1810 : L'absence du roi et l'occupation française conjuguées favorisent une puissante réaction patriotique et libérale. Ce mouvement apparait sous des formes diverses et variées : littérature, arts, éducation, sport, etc. La Prusse entreprend son redressement. Les généraux Gneisenau et Scharnhorst modernisent l'armée tandis que le chancelier Hardenberg et son ministre von Stein entreprennent une refonte des appareils de l'Etat au profit des communes. Les corporations sont dissoutes et l'activité d'entrepreneurs juifs est favorisée. L'Université est fondée par Wilhelm von Humboldt et devient l'un des foyers les plus ardents du nationalisme prussien.

Général von Scharnhorst

1813 : Les troupes du Tsar arrivent à Berlin et mettent en déroute l'arrière garde de la Grande Armée. Le 17 mars, Frédéric Guillaume III, lance la Guerre de Libération contre la France. Première victoire à Grossbeeren, où les troupes de Napoléon tentant une contre attaque sont repoussées. Victoire des Nations à Leipzig (Völkerschlacht).

1814 : Entrée victorieuse des troupes prussiennes à Paris ; le Quadrige est ramené. Introduction du service militaire en Prusse.
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