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Après plus de dix ans de vives polémiques, le Palast der Republik, va céder la place au château des Hohenzollern, qui occupait autrefois le Schlossplatz. Le pré-projet, conçu par une commission internationale de dix-sept experts, fut adopté par 384 voix contre 133 par les députés du Bundestag, le 4 juillet 2002, puis confirmé le 13 novembre 2003.
Le 28 novembre 2008, le jury a décerné à l'unanimité le premier prix au projet de reconstruction de l'architecte italien Fransceco Stella. Les derniers vestiges du Palast de Republik auront disparus début décembre 2008. Le début des travaux est prévu pour 2010, avec une livraison du bâtiment à l'Humboldt Forum en 2013, et une inauguration en 2015, pour le 25e anniversaire de la réunification.
Un débat passionné - 1990 - 2002 ... 2008, et au delà ! Le
château baroque des princes électeurs du Brandebourg, dessiné
entre 1699 et 1706 par l'architecte Andreas
Schlüter, avait été très endommagé lors de la seconde guerre
mondiale, puis rasé pour des raisons idéologiques par le régime
communiste de la RDA en 1950. Walter Ulbricht voyait en ce château
le symbole de l'asservissement du prolétariat par la dynastie
des Hohenzollern et la caste des hobereaux prussiens. Le Schlossplatz
fut alors débaptisé en Marx Engels Platz et l'esplanade
nouvellement créée devait servir de lieu de parade aux
grandes célébrations politiques du régime pro-soviétique. Au-delà du PDS, les tenants d'un Berlin un peu plus contemporain sont consternés. «C'est une décision frileuse et bornée, regrette Peter Conradi, président de la Bundesarchitektenkammer. Mais cela correspond à une tendance générale à se tourner vers le passé. Cette République n'ose rien.» Juste avant le vote, l'Akademie der Künste de Berlin avait exhorté les députés à ne pas ressusciter au centre de la capitale «l'image d'un royaume de 1700». La reconstruction du château, symbole de la Prusse des Hohenzollern, a beaucoup de détracteurs. Le Bundestag a suivi à la lettre les recommandations émises par la commission "Historische Mitte Berlin", qui est parvenue à un compromis au terme d'une année d'auditions et de débats : seule trois des quatre façades baroques vont être édifiées et habilleront un bâtiment moderne, destiné à accueillir des collections muséographiques, ainsi qu'un forum. L'initiative rappelle l'imposant chantier de reconstruction de la "Frauenkirche" de Dresde, une église protestante détruite par les bombardements alliés survenus dans la nuit du 13 au 14 février 1945. Les architectes de ce projet grandiose ont travaillé sur les plans d'origine, dessinés au XVIIIe siècle. Des milliers d'allemands et des entreprises se sont mobilisés pour soutenir financièrement l'opération.
Une utilité à inventer L'alternative proposée aux parlementaires était de lancer un concours d'architecture ouvert qui aurait permis aussi bien un projet moderne qu'une reconstruction complète. Lassés par douze ans de débats, les députés du Bundestag ont préféré trancher dans le sens de ce qui leur paraissait un «compromis» : le concept retenu ne prévoit pas une reconstruction intégrale. Trois façades, hormis celle donnant sur la Sprée, une cour intérieure, le Schlüterhof, seront intégrées dans un bâtiment aux volumes de l'ancien château. Que faire d'un édifice moderne aux façades baroques ? Le trompe-l'oeil servirait à abriter les collections extra-européennes des musées de Berlin, actuellement situées à Dahlem, celles de l'Université Humboldt ainsi que l'Amerika Gendenkbibliothek, la bibliothèque de Berlin. Le tout animé par des espaces de rencontre (cafés, restaurants...), à l'image du centre Georges Pompidou de Paris. Le retour aux façades baroques n'est pas un hommage au «militarisme prussien», ni un projet de «restauration politique», mais une preuve de «notre très grand respect pour les chefs-d'oeuvre de nos ancêtres», assurait la députée Verte Antje Vollmer. «Les modernes ont eu leur chance à Berlin, comme dans aucune autre métropole ou presque. Et beaucoup de ces bâtiments nous ont montré les limites du moderne», plaide-t-elle.
Un financement encore incertain L'homme d'affaires Wilhelm von Boddien, a promis de réunir 80 millions d'euros de dons pour financer la reconstitution des façades. La question des quelque 550 millions d'euros restants est pourtant loin d'être réglée. «Puisque le Bundestag joue les maîtres d'oeuvre, en choisissant les façades, l'Etat fédéral va maintenant devoir allonger l'argent», raisonne Thomas Flierl, le sénateur néo-communiste chargé de la Culture à la ville de Berlin. Le Sénat «rouge-rouge», qui dirige la ville de Berlin, est plutôt hostile à cette reconstruction et souligne qu'il n'a pas un cent à investir dans ce projet. La
commission "Historische Mitte Berlin" envisage la création
d'une société d'économie mixte, où l'Etat
Fédéral et la ville de Berlin céderaient les terrains
de la Schlossplatz, tandis que des investisseurs privés assureraient
l'exploitation commerciale de certaines infrastrutures du Stadtschloss
de Berlin.
Wilhelm von Boddien : l'infatigable avocat du Stadtschloss de Berlin Cet homme d'affaires hambourgeois a milité dès le lendemain de la réunification en faveur de la reconstruction du château des Hohenzollern. Au début des années 1990, nombreux étaient ceux - parmi l'intelligentsia allemande - à le considérer comme un trublion.
En 1993, il réussit à relancer le débat en faveur de la reconstruction du Stadtschloss de Berlin, en installant des tentures dressées sur des échafaudages, qui faisaient renaître temporairement la résidence des Hohenzollern. Près
de dix ans plus tard, il est à la tête d'une association
très active, qui ne cesse de promouvoir la restauration de l'ancien
coeur historique de Berlin. C'est avec un satisfecit qu'il accueillit,
le 4 juillet 2002, le vote du Bundestag, du haut de la tribune des visiteurs
du Reichstag. La longue agonie du "Ballast der Republik" - 2006 - 2008 Depuis la chute du mur, le sort du Palast der Republik, rongé par l'amiante, a longtemps divisé les Berlinois, et toute l'Allemagne. Fermé pour cause de désamiantage, le colosse socialiste n'est plus qu'un squelette de poutres métalliques. Les néo-communistes du PDS, héritiers de l'ancien parti unique de RDA, souhaitaient sa conservation. Le "Ballast der Republik" (le poids de la République), surnom donné par ses détracteurs, n'en finit plus de mourir. Commencé en janvier 2006, le démontage dut être interrompu après la découverte de nouveaux résidus d'amiante. La destruction du Ballast der Republik prit plus de temps que prévu, et entraina une explosion des coûts, pris en charge par l'Etat fédéral. Fin 2008, les derniers fragments du Palast de Republik auront été effacés et rejoindront les déblais utilisés pour la construction des routes. 28 novembre 2008 : Francesco Stella remporte le concours international pour la reconstruction du Stadtschloss Conformément au vote du Bundestag du 4 juillet 2002, un concours international fut lancé le 26 novembre 2007 à l'initiative du Ministère fédéral de Construction (Bundesbauministerium) et confié à un jury, composé d'architectes, politiques et des représentants des institutions culturelles devant occuper le futur Humboldt Forum.
A l'unanimité, le jury a retenu le projet de Francesco, alias Franco, Stella de Vicenza. A première vue, le projet de l'élève d'Aldo Rossi, reprend fidèlement les exigences édictées par le Bundestag avec la reconstitution de trois des quatre façades baroques, la Cour de Schlüter, ainsi que la coupole de Stüler.
La modernité et l'ingéniosité du concept prennent tout leur sens à l'intérieur et au niveau de la façade orientale de l'édifice.
Francesco Stell redéploie la structure des cours intérieures du palais des Hohenzollern : il réinvente une Galerie des Offices reliant les Portails II et IV du Stadschloss, aménage des volumes d'exposition dans la Cour Eosander et crée une aile contemporaine minimaliste avec loggia sur la Spree. Il s'agit d'un clin d'oeil à la reconstruction critique en vogue à Berlin depuis la réunification et un effet de miroir à l'Alexanderplatz et les réalisations de Behrens. Les autres projets primés Le jury a également primé 4 projets ex aequo ainsi qu'un prix spécial au cabinet Kuehn & Malvezzi. Le projet de Hans Kollhoff, très classique, reprenant notamment le tracé historique de l'aile orientale.
Le projet de Kleihues + Kleihues, aux volumes massifs et contemporains pour l'aménagement du Schlüterhof.
Le projet de Christoph Mäckler, avec son aile orientale hybride, mêlant une façade moderne et une ornemantation baroque.
Le projet des italiens Eccheli e Campagnola Architett Associati, réinterprêtant la coupole de Stüler.
Le prix spécial du jury pour Kuehn & Malvezzi qui ont volontairement renoncer à la coupole en faveur d'une tenture aérienne.
Site
Web du Ministère fédéral de la Construction : Site
Web de la Commission internationale d'experts "Historische Mitte
Berlin": Site
Web de l'association Förderverein Berliner Stadtschloß e. V de Wilhelm
von Boddien : Site
Web du Département chargé de l'urbanisme auprès
du Sénat de Berlin : |
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