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Histoire
de Potsdam
Les origines Le 3 juillet 993, l'empereur Otton III cède à sa tante l'abesse Mathilde de Quedlingburg deux fiefs du Havelland : Poztupimi et Geliti, qui devinrent Potsdam et Geltow lors de la germanisation de la région. Potsdam est tout au long de la période médiévale une bourgade de pêcheurs. En 1416, le margrave Frédéric de Hohenzollern fait de Potsdam, un point de passage privilégié sur la Havel, en construisant un pont en direction de Teltow. Suite
à deux incendies en 1536 et 1550, Joachim
II fait reconstruire la cité, peu de temps avant la terrible
guerre de Trente ans. La résidence des Hohenzollern En
1648, la ville n'offre qu'un visage fort déplaisant. L'Electeur
Frédéric Guillaume décide
d'en faire sa résidence sur les conseils de son ami Jean-Maurice
de Nassau Siegen. Les forêts giboyeuses environnantes ont été
déterminantes. Frédéric I, roi en Prusse, continue l'oeuvre de son père, inspirée par une politique alliant un pouvoir fort à la tradition humaniste. Il alloue en particulier une somme aux huguenots afin qu'ils y établissent leur demeure le long de l'actuelle Hebelstrasse. Aimant les fêtes et parties de chasse, Frédéric I désirait alors étaler aux yeux de tout le monde la puissance de son royaume. Son fils, Frédéric Guillaume I, peu enclin aux excés festifs de son père était surnommé le "Roi Sergent". Son obsession de l'équilibre budgétaire le conduit à vendre le mobilier baroque du château, à transformer l'Orangerie en écurie et le château de Glienicke en lazareth. Sous son règne, Potsdam devient une ville de garnison, où il aime voir défiler ses grands gars (Lange Kerls), qui constituent la Garde Royale. Le Roi Sergent fait entourer la ville d'un mur d'enceinte afin de contrôler les entrées et sorties des habitants, et surtout d'empêcher toute tentative de désertion. Il faut néanmoins reconnaître que sous son règne Potsdam a bénéficié d'aménagements urbanistiques de taille : rénovation du vieux centre ville, construction du Quartier hollandais et de nombreuses églises. Selon les termes de Voltaire, ami de Frédéric Le Grand, "la triste Sparte se métamorphosa en une Athènes resplendissante" sous le règne du despote éclairé. Frédéric II charge son architecte Knobelsdorff de procéder à des travaux de rénovation permettant à Potsdam de remplir pleinement sa fonction de réprésentation du pouvoir royal. Outre la construction d'édifices majeurs comme le château de Sans Souci et le Nouveau Palais, Frédéric le Grand somme les propriétaires de demeures bourgeoises de veiller à l'entretien des façades. Ami des Arts et des Lettres, Frédéric II s'entoure d'une cour, choisie exclusivement d'hommes de culture s'exprimant en français. Les commandes du roi et de la noblesse attirent les architectes, peintres, sculpteurs et musiciens de toute l'Europe, marquant ainsi l'épanouissement culturel de Potsdam. L'occupation napoléonienne marque un coup d'arrêt temporaire à l'essor prussien. C'est à Potsdam, en 1805 qu'est scellée la Sainte Alliance entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, régie par Frédéric Guillaume III. Victorieux à Auerstedt et Iena, Napoléon et la Grande Armée marchent sur Berlin et occupent Potsdam pendant deux ans. Frédéric Guillaume II et III ont conduit le royaume à sa perte, par une gestion hasardeuse et l'absence de génie militaire. La ville devient alors un dépôt de la cavalerie de l'empereur, qui transforme les églises en écuries, mais épargne par déférence la Garnisonkirche, où repose Frédéric II. Au lendemain des Guerres de Libération, Potsdam renoue avec la croissance pour devenir un centre administratif du royaume prussien. En 1838, la première voie ferrée du royaume, reliant berlin à Potsdam, est inaugurée. En 1848, la ville demeure à l'écart des troubles de 1848 qui secouent le trône de Frédéric Guillaume IV. Réactionnaire, Frédéric Guillaume IV se montre en revanche beaucoup plus ouvert dans les Arts et perpétue l'oeuvre de ses prédécesseurs. L'empereur Guillaume I fait transformer le château de Babelsberg en un castel néo- gothique, style très en vogue alors. L'empereur Guillaume II s'installe lui aussi à Potsdam, dans le Nouveau Palais afin de satisfaire son goût de la représentation : la vie luxueuse de la Cour dérange cependant les habitants, qui élisent en 1912 Karl Liebknecht au Reichstag. Le déclin Le 21 mars 1933, Goebbels choisit la ville de Potsdam, symbole du militarisme prussien et de la grandeur passée, pour y organiser une cérémonie destinée à marquer l'unité entre la tradition prussienne et la "révolution nationale". Deux jours après la "comédie de Potsdam" en l'Eglise de la Garnison, le Reichstag vote les pleins pouvoirs à Hitler, rassuré de voir en cet homme la continuité prussienne. En avril 1945, Potsdam connait un terrible bombardement britannique qui anéantit la majeure partie de son centre historique. Les alliés victorieux du Reich tiennent au château de Cecilienhof une conférence, qui donne jour aux accords de Potsdam, scellant ainsi la disparition de la Prusse. Sous
le régime de la RDA, les dirigeants communistes s'acharnent
à faire disparaître les vestiges de l'ancienne Prusse
: le château de la ville et la Garnisonkirche sont dynamités.
La renaissance Potsdam est à présent la capitale du Brandebourg. En 1993, elle a célébré son millénaire ainsi que le retour des dépouilles de Frédéric Le Grand et de son père, après un exil posthume d'une cinquantaine d'années dans le château de Hohenzollern. La redécouverte de son illustre patrimoine lui vaut la visite annuelle de 4 millions de visiteurs. |
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