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Holocaust Denkmal für die ermordeten Juden Europas

La fondation "Förderkreis zur Errichtung eines Denkmals für die ermordeten Juden Europas e.V.", émanant de l'association Perspektive Berlin e. V., voit le jour en novembre 1989. Elle obtient en 1993 l'appui du l'Etat fédéral, qui lui accorde un terrain à proximité de la Porte de Brandebourg, afin d'y ériger un mémorial aux victimes de l'Holocauste.

Holocaust Denkmal

En 1995, le projet retenu à l'issue d'un premier concours n'est finalement pas réalisé. Le mémorial avait à l'origine pour but de rendre leurs noms aux victimes de la Shoah et le projet de Christine Jacob-Marks- une immense dalle de béton de cent mètres sur cent mètres avec les noms gravés des millions de victimes identifiées par la fondation Yad Vashem à Jérusalem – avait été choisi. L’idée avait été rejetée par le chancelier Kohl car l’artiste souhaitait utiliser des blocs de pierre de Massada, la forteresse où les Hébreux se suicidèrent collectivement plutôt que de se rendre aux Romains.
En octobre 1997, le lauréat du second concours, l'architecte américain Peter Eisenman, a imaginé un mémorial composé de 2711 stèles, en dessous desquelles se trouve un centre de documentation sur l'Holocauste.
Le 25 juin 1999, le Bundestag renouvelle à une large majorité sa décision de consacrer un mémorial aux victimes de l'Holocauste. Une fondation voit le jour et devient maître d'ouvrage de la réalisation du mémorial. En parallèle, une commission est chargée de formuler des propositions en vue de la création d'un mémorial aux autres victimes du nazisme.
En août 2000, les deux initiateurs du projet, l'essayiste Lea Rosh et l'historien Eberhard Jäckel, obtiennent le concours du directeur du mémorial Yad Vashem à Jerusalem, Avner Shalev, qui met à leur disposition la liste des noms des victimes de la Shoa.
Alors que le chantier était bien avancé, un scandale éclata en 2004. Le fournisseur du revêtement antigraffiti appliqué sur les stèles n'est autre que la société Degussa qui avait produit le Zyklon B, gaz utilisé dans les camps d'extermination nazis. L’important travail de mémoire entrepris depuis la fin de la guerre par le chimiste a finalement eu raison de cette polémique.
Le 10 mai 2005, soixante ans après la capitulation de l'Allemagne nazie, le Mémorial de l'Holocauste a été inauguré en présence du chancelier allemand, Gerhard Schröder. « Le Mémorial est un lieu de mémoire aux victimes qui nous contraint maintenant et à l'avenir à une culture d'humanité, de reconnaissance et de tolérance dans une société, un pays dans lequel nous pouvons vivre en tant qu'êtres humains sans peur d'être différents », a déclaré le président du Bundestag, Wolfgang Thierse, au début de la cérémonie.

Holocaust Denkmal

Le champ des stèles occupe une surface irrégulière, qui permet au visiteur d'apercevoir l'ensemble des monolithes. L'effet de mouvance est produit par l'inclinaison des dalles supportant les stèles. Sur 19 000 m², 2711 stèles de béton gris anthracite, larges de 95 centimètres, longues de 2,38 mètres, sont plantées en rangées régulières à 95 cm de distance les unes des autres. La vocation des stèles tient à susciter des interrogations auprès des visiteurs, tandis que le centre de documentation est sensé répondre à leurs questions sur l'Holocauste.

Holocaust Denkmal

Le centre de documentation s'articule autour de quatre salles distinctes, chacune consacrée à un sujet particulier.
La première, intitulée "Ort der Information", expose l'ampleur du crime contre l'humanité, au travers de plaques translucides, sont présentées des propos de déportés. Pendant qualitatif de ces sombres statistiques, les verbatims, issus de carnets personnels, de lettres, et de mémoires viennent rappeler la tragédie humaine, vécue par des millions de juifs.
La seconde, la salle du silence, "Raum der Stille", ne comporte aucun aménagement particulier. Retraçant des destinées particulières, les photos de douze familles disparues, de nationalités, cultures, et couches sociales diverses y sont exposées.
La salle des lieux, "Raum der Orte", relate l'extermination commise sous toutes ses facettes : les exécutions en masse perpétrées par les "Einsatzgruppen", les exactions quotidiennes commises dans les ghettos, et enfin le génocide à l'échelle industrielle dans les camps d'extermination et de travail forcé.
Le salle des noms, "Raum der Namen", constitue le moment le plus saisissant de la visite du mémorial. Une voix nomme le nom de chacune des 6 millions de victimes de l'Holocauste, et prononce une très courte biographie, alors que les noms s'affichent aux murs dans la pénombre du monument. Le visiteur devrait y rester quinze ans pour écouter les références de l'ensemble des victimes.

Site Web Holocaust Denkmal Berlin

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